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Pour de jeunes parents le bébé qui pleure est certainement la pire angoisse à gérer. Faut-il le laisser pleurer ? Mais pourquoi pleure-t-il autant ? Comment faire pour qu’il arrête ? Toutes ces questions sans réponse et ces nuits blanches alors que votre petit bébé va très bien.

Les bébés présentent tous un pic de pleurs vers 2 mois, sans qu’aucune maladie ne soit à l’origine de ce phénomène qui demeure mystérieux.

Un peu, beaucoup, à la folie… puis (presque) plus du tout. Depuis vingt ans qu’il étudie les pleurs des bébés, le Dr Ronald Barr en a acquis la certitude : Un nourrisson qui pleure, ce n’est pas drôle… mais c’est normal!

pleurs-bebeN’en déplaise à nos grands-mères, rien à voir avec de prétendues «coliques», selon le directeur du Centre de recherche en santé infantile de l’Université de la Colombie-Britannique. Barr en veut pour preuve la courbe des pleurs, identique chez tous les bébés : à deux semaines de vie, intensité et quantité des pleurs augmentent, pour atteindre un «pic » vers 2 mois avant de diminuer doucement.

Parents du monde entier, rassurez-vous : tous les nourrissons pleurent, quels que soient l’endroit où ils vivent et la façon dont on les élève.

Cela a même été observé chez les Kung San, une ethnie de chasseurs-cueilleurs du désert du Kalahari. La mère y est pourtant en contact permanent avec son bébé qui a un accès illimité au sein (il tète en moyenne toutes les 13 minutes !).

Quand bébé pleure… c’est qu’il va bien !

La moindre manifestation d’inconfort suscite une réaction immédiate de l’adulte. Certes, l’enfant pleure un peu moins longtemps et un peu moins fort, mais aussi souvent qu’un bébé occidental.

Le phénomène n’est même pas propre à l’espèce humaine : des manifestations de détresse existent chez les bébés chimpanzés, les macaques rhésus, les cochons d’Inde et les rats !

Dans 95 % des cas, l’enfant ne souffre de rien

Souvent, «on pense que quelque chose se passe… mais non », assène Ronald Barr. La couche est propre, bébé a bien mangé, est confortablement installé… et c’est parti pour une demi-heure de cris et grimaces de douleur. Mais le médecin l’assure : dans 95 % des cas, l’enfant ne souffre pas.

Ce qui n’empêche pas les parents de consulter fréquemment: en 2000, des chercheurs britanniques ont calculé que les problèmes de pleurs et de sommeil chez les bébés durant leurs 12 premières semaines de vie coûtaient chaque année aux services de santé quelques 65 millions de livres…

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Il est effectivement important de s’assurer qu’aucune difficulté n’existe (reflux gastro-œsophagien, intolérance au lactose ou allergie aux protéines de lait, exceptionnellement épilepsie…). «Tout dépend de l’importance des pleurs et du ressenti parental, explique le pédiatre Éric Osika.

Souvent, les bébés qui souffrent de ces pathologies continuent à pleurer de façon anormale au-delà de 5 ou 6 mois.»

Stratégie de survie

À quoi peuvent donc servir ces pleurs? Plusieurs hypothèses ont été formulées. À cet âge, de multiples choses changent chez le nourrisson, les pleurs n’en sont qu’un élément. Mais la piste favorite de Ronald Barr est celle de la stratégie de survie: «Les trois premiers mois de vie sont les plus dangereux pour un petit, pleurer est la façon la plus efficace de faire venir sa mère.»

Sans compter qu’entendre les cris de son petit provoque souvent une montée de lait chez la mère. En pleurant, le nourrisson «prépare» son repas!

En somme, l’unique danger de ces pleurs est l’irritation qu’ils provoquent chez l’adulte. «Aucun bébé n’est jamais mort d’avoir trop pleuré», promet Ronald Barr. Mais le parent excédé peut perdre le contrôle jusqu’à secouer son enfant, une forme de maltraitance aux conséquences gravissimes.

Face à un bébé qui va bien mais pleure à pleins poumons, il faut tenter de le consoler, sans oublier que parfois rien ne fonctionnera. Si l’irritation gagne, il ne faut pas hésiter à poser son bébé et s’isoler pour se calmer. Si, malgré soi, on a eu un geste brusque, il est indispensable d’en parler pour se faire aider.

Une nouvelle étude scientifique prouve que les bébés peuvent simuler leurs pleurs. Pleurer est un comportement de survie important pour les bébés mais il peut arriver qu’ils fassent semblant d’être en détresse pour attirer l’attention.

Hiroko Nakayama, professeur à l’Université of the Sacred Heart à Tokyo, a observé deux bébés (âgés de 7 et 9 mois), afin d’étudier leurs pleurs. Pour cette expérience, le professeur a filmé les deux bébés au sein de leur foyer pendant plus de 60 minutes deux fois par mois, pendant six mois. Ce qui a représenté au final 68 épisodes de pleurs.

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