La langue des signes n’est pas réservée aux sourds et malentendants. À Ploubezre, des parents et leurs tout jeunes bébés se familiarisent aux gestes qui leur permettront de communiquer et de mieux se comprendre, sans attendre que sortent les mots.

apprends-moi-la-langue-des-signes-sinon

apprends-moi la langue des signes sinon…

«Mon petit lapin a bien du chagrin.» Agenouillés sur le tapis de jeu du salon, deux enfants en bas âge, trois bébés et… cinqparents s’appliquent, entre deux éclats de rires, à figurer les remuantes oreilles du lapin, les doigts dressés tels des antennes, droits au-dessus du crâne. Bienvenue chez Cindy Charrié, initiatrice des ateliers «Signe avec moi», première formation de bébés signeurs lancée en Côtes-d’Armor. Vous avez dit «bébés signeurs»?

Nourriture, toilette émotions…

«Tout part du constat, que ce n’est pas parce que votre enfant ne sait pas parler qu’il n’a rien à vous dire», explique la jeune femme. Bien avant de savoir prononcer des mots, les nourrissons savent naturellement communiquer avec leur corps. Par mimétisme, ils font très vite «bravo» ou «au revoir», remuent les mains pour faire tourner les «Petites marionnettes». «Pourquoi ne pas utiliser au quotidien les signes de la langue des signes, pour leur permettre d’exprimer plus de choses?» Avant d’arriver, tout récemment, s’installer en Trégor, Cindy a commencé par effectuer toutes ses études en langue des signes pour en faire son métier. Interprète diplômée, elle a aussi été metteur en scène auprès d’une troupe de comédiens sourds, à Rennes. Devenue maman d’un petit Nolan (aujourd’hui âgé de 2 ans et demi), la spécialiste a voulu revenir à une approche simple et ludique. Avec l’association «Signe avec moi», elle a suivi une formation d’animatrice qui privilégie l’apprentissage des signes clés par thème (la toilette, la nourriture, les émotions, les animaux…) au travers de comptines et chansonnettes.

Moins de colères

«Signer avec son enfant ne présente que des avantages», explique la jeune femme. «S’il arrive à se faire comprendre, l’enfant n’a plus autant de raisons de se mettre en colère et pleurer. Moins de frustration, c’est davantage de calme. On associe le geste à la parole, l’apprentissage du langage oral n’est donc pas retardé.» Les signes interviennent comme un relais avant le surgissement des mots. «De la même manière qu’un enfant qui sait marcher ne rampe plus à quatre pattes, l’enfant sachant parler abandonnera de lui-même les signes», illustre Cindy. Mais, d’ici là: quelle belle complicité instaurée avec bébé! Geoffrey, le conjoint de Cindy, n’était pas convaincu d’avance au moment de tenter l’expérience avec Nolan. «Mais j’en ai très vite repéré l’utilité quand, se réveillant en pleurs en pleine nuit à 13 mois, Nolan a su, en quatre gestes concis, nous dire ce qui l’empêchait de dormir. « Couche, biberon, musique, au revoir », nous a-t-il signifié en silence. J’en ai été bluffé.» Cindy cite aussi le cas du blocage d’un petit bout qui, à 3 ans révolus, ne décoinçait toujours pas un mot. «Communiquer avec lui par signes a suffi à le mettre en confiance. Dès que l’enfant a su signer, les mots ont surgi, naturellement…»

Source : LeTelegramme.com

Publicités